Bruno est furieux. Il a découvert lors de l’annonce de la nouvelle organisation qu’il n’appartiendrait pas au Comité de Direction. Pire, il se retrouve sous les ordres d’un ancien collègue et encadre une équipe support de 20 personnes alors qu’il dirigeait jusqu’à présent une entité de 250 personnes.
Il est vrai que les indicateurs de l’unité qu’il manageait ne sont pas tous au vert. Les délais laissent à désirer et malgré les plans de progrès mis en place, la productivité n’a pas atteint partout les standards demandés.
Mais, tout le monde sait que cette unité est vraiment difficile à piloter tant au niveau technique qu’au niveau social. Bruno est parti d’une situation catastrophique. En moins de 12 mois, il a bâti une organisation, mis en place des process qui assurent déjà une bonne base. Alors après tous les efforts et les nuits de travail investis, Bruno ne comprend pas la décision de ses patrons.
Son précédent manager lui avait certes laissé entendre ces derniers temps qu’il n’avait pas que des soutiens dans l'organisation. Mais il lui en veut quand il pense au nombre de « batailles » qu’il a livré pour lui ces derniers mois: Il a reclassé des collaborateurs que personne n’osait toucher avant lui, remis en cause une bureaucratie et ses petits chefs qui voulaient surtout ne rien changer, dénoncé des process transversaux improductifs…
Bref, il a été le poste avancé de son Directeur et a récolté les balles mais pas les médailles.